Que faire de vos surplus de liquidité?
12/12/2011

Il s'agit d'un heureux problème à gérer. Il n'est toutefois pas si simple d'y répondre puisqu'il existe une foule de possibilités. Cependant, à moins de disposer de surplus excédant très largement vos besoins, vous devrez faire des choix éclairés si vous souhaitez optimiser l'utilisation de vos liquidités excédentaires.

Le présent article vous indiquera les éléments à considérer qui vous permettrons de prendre la meilleure décision dans votre situation.

Dettes

La richesse ne se mesure pas uniquement en regardant la colonne 'Actifs' de votre bilan mais plutôt sur la valeur nette qui elle tient aussi compte de la colonne 'Passifs'.

Une saine gestion de vos dettes doit donc faire partie de votre plan global d'épargne.

D'importants taux d'intérêts à payer ralentiront le remboursement de vos dettes. Il vous faut donc vous attaquer prioritairement aux emprunts comportant les frais d'intérêts les plus élevés.

Cependant certains emprunts ayant servis à acquérir un bien générant des revenus de biens (exemple : immeuble locatif) ou d'entreprise (exemple : participation dans une entreprise) auront l'avantage fiscal d'offrir la déductibilité de vos intérêts à l'encontre de vos revenus. Il est alors moins urgent de réduire ces emprunts.

Pour les dettes dont les intérêts ne sont pas déductibles d'impôt, vous devez aussi mesurer le coût réel de vos intérêts puisque vous effectuez vos paiements avec des dollars sur lesquels vous avez déjà payé des impôts. Ainsi un taux d'intérêt de 4,00% équivaut à un coût réel de 7,72% si vous avez un taux marginal d'imposition de 48,2%.

Vous devrez toutefois vous assurer que l'accélération du remboursement de votre dette ne déclenchera pas de pénalité, ce qui n'est pas toujours le cas pour les emprunts hypothécaires rendu à un certain niveau. Les pénalités demandées représenteront parfois un coût supérieur au coût des intérêts.

REER

Ce type d'épargne comporte des avantages des plus intéressants : cotisation déductible, droits de cotisation inutilisés cumulatifs, rendement à l'abri de l'impôt, possibilité de planifier le fractionnement de revenus à la retraite en cotisant au REER du conjoint, protection contre les créanciers accrue en cas de faillite par exemple.

Vous devez toutefois respecter plusieurs paramètres propres au REER dont : droits de cotisations acquis en fonction du revenu gagné (salaire, profession, revenus locatifs), cotisation excédentaire maximale de 2 000 $, retraits imposables, transformation obligatoire au plus tard à 71 ans.

CÉLI

Ce type d'épargne, disponible aux résidants canadiens de 18 ans et plus depuis l'année 2009, présente des similitudes et des différences avec le REER.

Les ressemblances sont les suivantes : mêmes choix de placements que le REER (ou presque), rendement à l'abri de l'impôt, droits de cotisations acquis, droits de cotisation inutilisés cumulatifs.

Les principales différences sont les suivantes : acquisition des droits de cotisation peu importe les types et le niveau de revenus sans âge limite, aucune déduction pour les cotisations, retraits non imposables, réacquisition (l'année suivante) des droits de cotisation sur les retraits effectués, aucun âge de transformation, retraits parfaitement neutres au sens fiscal.

Contrairement au REER, le CÉLI peut servir autant pour les besoins d'accumulation à court qu'à long terme.

REEE

Si vous souhaitez pouvoir apporter un support financier à vos enfants et/ou petits-enfants lors de leurs études post-secondaire, les régimes enregistrés d'épargne-études méritent que vous vous y attardiez.

Bien que vos cotisations ne soient pas déductibles, elles vous permettront d'obtenir des subventions (fédéral et Québec réunies) d'au moins 30%. De plus, les rendements seront à l'abri de l'impôt et les retraits imposables entre les mains du bénéficiaire (habituellement à faible taux).

Comparaison REER / CÉLI

Nous allons maintenant vérifier au moyen d'un exemple lequel du REER ou du CÉLI est le meilleur véhicule d'épargne.

Voici donc les hypothèses:

Déboursé annuel net (en début d'année) = 5 000 $

Rendement annuel = 4% (sous forme d'intérêt)

Taux d'imposition marginal = 48,2%

Le déboursé net signifie que pour un déboursé annuel net de 5 000 $, le REER recevra 9 653 $ en tenant compte de la déduction fiscale de sa cotisation tandis que le CÉLI qui en recevra 5 000 $.

Le tableau suivant nous montre l'accumulation avec les soldes en fin d'année pour chacun de comptes après différentes périodes.

5 ans 10 ans 15 ans 20 ans
REER 54 375 120 531 201 019 298 946
CÉLI 28 165 62 432 104 123 154 846

À la lumière des résultat précédents, le REER semble offrir un avantage croissant avec les années sur le CÉLI.

Le tableau suivant nous montre le potentiel de décaissement avec les valeurs disponibles après le paiement des impôts applicables au taux marginal de 48,2%.

5 ans 10 ans 15 ans 20 ans
REER 28 166 62 435 104 128 154 854
CÉLI 28 165 62 432 104 123 154 846

Malheureusement le passage de l'impôt ramènera les deux types d'épargne sur un même pied d'égalité si le taux marginal applicable aux retraits REER est le même que celui obtenu lors de la déduction des contributions (les légères différences sont dues à l'arrondissement des taux d'imposition).

Le REER sortira gagnant si le taux d'imposition des retraits est inférieur à celui des cotisations. Bien des gens penseront qu'il est évident que ce sera le cas. Or il faut se souvenir que les impôts payés par les particuliers sont calculés à l'aide de paliers progressifs variant de 0 à 48 %. Certains paliers étant assez large (par exemple celui de 38,4% est applicable entre 41 544 $ et 78 119 $ en 2011) , il peut donc arrivé que l'on demeure dans le même palier d'imposition à la retraite tout en ayant moins d'impôt à payer.

Dettes / CÉLI

Votre profil d'investisseur sera aussi déterminant sur votre choix de rembourser vos dettes ou d'investir dans un CÉLI.

En effet nous avons mentionné qu'il fallait considérer votre coût réel d'emprunt (taux d'intérêt) selon votre taux marginal d'imposition. Un taux d'intérêt de 4,00% correspond à un taux de 7,72% en considérant un taux marginal de 48,2%.

Alors si votre profil d'investisseur est conservateur et que votre rendement espéré est de 4%, il serait plus intéressant d'appliquer la somme disponible au remboursement de vos dettes non déductibles présentant un taux réel d'emprunt de 7,72%.

Par contre si votre profil d'investisseur est plus agressif et que vous avez un rendement espéré de 8% et plus, l'investissement pourrait être plus profitable mais il faut aussi considérer le risque associé à ce type de rendement.

Combinaison REER / Dettes

Si vous avez des dettes à rembourser et que vous disposez de droits de cotisation REER, il est fort possible que vous vous demandiez lequel des deux sera le plus profitable.

Hé bien la solution idéale pourrait bien être de faire les deux. Toutefois cela se fera en deux étapes, vous cotiserez à votre REER en premier et ensuite vous utiliserez le retour d'impôts pour rembourser des dettes. Par exemple, une cotisation REER de 10 000 $ vous permettra de rembourser 4 820$ de dettes avec votre retour d'impôts au taux marginal de 48,2%.

Conclusion

À la lumière des différents éléments discutés précédemment, une analyse détaillée de votre situation devra être effectuée afin de vous constituer un plan d'enrichissement tenant compte autant de vos actifs que de vos dettes.

La meilleure solution est la vôtre car il n'existe pas de solution universelle.

Gaumont Groupe Conseil peut vous aider à y voir clair!


  


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